Femme tenant son bébé dans les bras et se tenant les cheveux

Chute post-partum : combien de cheveux peut-on perdre et quand cela s'arrête ?

Vous avez accouché il y a deux ou trois mois et soudain les cheveux tombent par poignées. Sur l'oreiller au réveil, en passant la main dans la chevelure, lors du shampooing. La queue de cheval que vous attachiez d'un seul tour a perdu un tiers de son volume. Les tempes paraissent dégarnies. Et au-dessus du front, des cheveux courts et hérissés que vous n'aviez jamais remarqués jusque-là.

Cette chute est presque systématique après une grossesse, et elle est presque toujours réversible. Reste à savoir ce qui se joue exactement, jusqu'à combien de cheveux vous risquez de perdre, et à quel moment vous pouvez espérer voir le mouvement s'inverser.

Ce que vous devez retenir sur la chute de cheveux post-partum

  • La chute post-partum touche environ 40 à 50% des femmes après l'accouchement, à des intensités variables.
  • Elle commence en général deux à quatre mois après la naissance et atteint son pic vers le quatrième mois.
  • La perte peut atteindre l'équivalent d'un tiers à la moitié de votre densité apparente sur quelques semaines, sans que vous deveniez chauve.
  • Elle se résorbe naturellement entre le sixième et le douzième mois post-partum, et la repousse devient visible (mèches courtes hérissées au-dessus du front et sur le sommet du crâne).
  • Aucun produit n'arrête la chute en cours, mais corriger une carence en fer, préserver le cuir chevelu et masser les racines aident la phase de repousse à être plus régulière.

Combien de cheveux peut-on perdre ?

Une chevelure femme adulte compte entre 100 000 et 150 000 cheveux. En temps normal, vous en perdez 50 à 100 par jour, ce qu'on appelle la chute physiologique. Pendant un effluvium post-partum, vous pouvez monter à 200, 300, parfois 400 cheveux par jour pendant plusieurs semaines. Cela paraît énorme et c'est très impressionnant à vivre, mais ramené à votre stock total, cela représente moins de 0,5 % de votre chevelure perdue chaque jour.

Sur l'ensemble de la phase de chute (qui dure deux à quatre mois en général), la perte cumulée peut atteindre l'équivalent d'un tiers à la moitié de votre densité apparente. Vous ne devenez pas chauve. Vous récupérez d'un coup tous les cheveux qui auraient dû tomber pendant la grossesse et qui sont restés en place grâce aux œstrogènes élevés. C'est un rattrapage massif, pas une chute pathologique au sens dermatologique du terme.

Quand commence et quand s'arrête la chute ?

Le démarrage : deux à quatre mois après l'accouchement

Pendant la grossesse, le taux d'œstrogènes élevé prolonge la phase de croissance des cheveux, qu'on appelle la phase anagène. Les cheveux qui auraient dû tomber pendant les neuf mois sont restés en place, ce qui explique la chevelure dense et brillante du second et troisième trimestre.

À l'accouchement, le taux d'œstrogènes chute brutalement en quelques jours. Les follicules concernés basculent alors massivement en phase télogène, c'est-à-dire la phase de repos qui précède la chute. Comme cette phase dure environ trois mois avant que le cheveu ne tombe physiquement, vous ne voyez rien dans les premières semaines post-accouchement. La chute commence en général à devenir visible entre 8 et 16 semaines après la naissance.

Le pic de la chute de cheveux : autour du quatrième mois

Le moment le plus impressionnant se situe entre le troisième et le cinquième mois post-partum, avec un pic vers la seizième semaine. C'est à ce moment que vous risquez de perdre 200 à 400 cheveux par jour, de retrouver des poignées dans la brosse à chaque coiffage et de vous inquiéter en regardant la raie dans le miroir.

La fin : entre six et douze mois

La chute se résorbe d'elle-même entre le sixième et le douzième mois post-partum. Chez la majorité des femmes, le rythme redevient normal vers le neuvième ou le dixième mois. Les cheveux courts qui repoussent en bordure et sur le sommet du crâne sont visibles dès le sixième ou septième mois et continuent de pousser ensuite.

Si la chute dure au-delà du douzième mois ou si elle ne montre aucun signe d'amélioration entre le sixième et le neuvième mois, ce n'est probablement plus uniquement post-partum. Il est temps d'en parler à votre médecin et de faire vérifier la ferritine, la vitamine D et la TSH. Pour les autres causes possibles d'une chute installée, voir notre guide des causes principales de chute de cheveux chez la femme.

Pourquoi est-ce parfois si massif ?

Toutes les femmes ne vivent pas la chute post-partum avec la même intensité. Plusieurs facteurs jouent en parallèle de la chute hormonale.

L'allaitement ne déclenche pas la chute et ne la prévient pas non plus, contrairement à ce qu'on lit souvent. En revanche, il peut décaler le moment du pic. Certaines femmes voient la chute arriver plus tard quand elles allaitent longtemps, parfois après le sevrage, parce que le retour de couches et la baisse de prolactine s'ajoutent à la baisse d'œstrogènes.

Les carences nutritionnelles, et particulièrement la carence en fer, sont très fréquentes après l'accouchement. La grossesse puise dans vos réserves de ferritine, l'accouchement les vide encore plus, et l'allaitement maintient une demande métabolique élevée. Une ferritine inférieure à 40 ng/mL suffit à aggraver une chute post-partum déjà en cours, même chez une femme qui n'est pas anémiée au sens strict. Demandez systématiquement une prise de sang à votre médecin si vous trouvez la chute particulièrement violente.

Le stress et le manque de sommeil des premiers mois ne déclenchent pas directement la chute hormonale, mais ils peuvent ajouter un effluvium télogène par-dessus. Vous cumulez alors deux causes de chute en même temps, ce qui explique les cas les plus marqués.

La prédisposition génétique joue aussi. Si votre mère ou votre sœur ont vécu une chute post-partum sévère, vous avez plus de risque d'en faire une également. Cela ne rend pas la chute plus durable, mais plus impressionnante sur l'instant.

Ce qui peut aider la repousse de vos cheveux

Vous pouvez agir sur les facteurs qui aggravent la chute et soutenir la phase de repousse pour qu'elle soit plus régulière et plus dense.

Ce qui peut aider :

  • Faire vérifier la ferritine, la vitamine D, la TSH et le zinc, et corriger une carence avérée par prise de sang. C'est la mesure la plus rentable et la plus évidente.
  • Préserver le cuir chevelu. Évitez les colorations agressives, les lissages chimiques et les coiffures très tirées (chignon serré, queue de cheval haute) qui ajoutent de la traction sur des cheveux déjà fragilisés.
  • Soutenir la microcirculation et l'oxygénation des follicules par un massage du cuir chevelu plusieurs fois par semaine. Un soin végétal comme le sérum Vitalis, formulé avec 16 huiles et extraits végétaux (ricin, romarin, ginseng, baobab, café, gingembre), s'inscrit dans cette logique. On l'applique au cuir chevelu, on masse pendant la pose, on rince.
  • Manger régulièrement des protéines (la kératine du cheveu en a besoin), des oméga-3 et des végétaux variés. Un cheveu pousse aussi avec ce que vous mangez.

Vos questions sur la chute post-partum

Toutes les femmes perdent-elles leurs cheveux après l'accouchement ?

Non, mais une majorité oui. Environ 40 à 50 % des femmes constatent une chute notable entre deux et quatre mois après l'accouchement. Les autres ne voient rien de particulier ou très peu, soit parce que la phase télogène a été plus étalée, soit parce que la chevelure était déjà très dense au départ.

Vais-je redevenir comme avant ?

Dans la grande majorité des cas, oui. La chute post-partum est presque toujours réversible et la chevelure retrouve sa densité d'avant grossesse entre 12 et 18 mois après l'accouchement. Les cheveux courts qui repoussent en bordure mettent simplement plus de temps à atteindre la longueur des autres, ce qui peut donner une impression de chevelure inégale pendant quelques mois.

L'allaitement empire-t-il la chute ?

Pas directement. L'allaitement ne déclenche pas la chute, qui est liée à la baisse d'œstrogènes après l'accouchement. En revanche, il peut décaler le moment du pic, qui arrive parfois après le sevrage. Si vous trouvez la chute particulièrement marquée pendant l'allaitement, vérifiez surtout votre ferritine, qui est très souvent basse pendant cette période.

À partir de combien de cheveux par jour c'est trop ?

Pendant la chute post-partum, perdre 200 à 400 cheveux par jour pendant quelques semaines reste dans la norme du phénomène. C'est impressionnant mais ce n'est pas pathologique. Si vous dépassez régulièrement ce volume pendant plus de deux mois, ou si la chute persiste au-delà du douzième mois, parlez-en à votre médecin.

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